Nord Littoral mardi 21 juin :
"Le théâtre contemporain a aussi sa place chez les amateurs !"
La troupe a joué sa pièce pour la dernière fois.
Ils sont trois à avoir fait le déplacement depuis Fort Mardyck pour jouer une dernière fois l'adaptation de leur pièce fétiche, le grand retour de Boris S. « Cela fait deux ans qu'on tourne avec cette adaptation, sept fois qu'on la joue, note Romaric Letessier, jeune metteur en scène de 21 ans, on va maintenant pouvoir passer à autre chose. » Sur scène, ils sont deux, Antoine Mahieux, dans le rôle du fils, et Gérard Chavy dans celui du père. Henri et Boris Spielman s'apprécient, mais semblent ne pas se comprendre. Leur relation est fragile et s'envole à tout moment. Les deux hommes s'agacent, se rabibochent, rient, jouent à jouer la comédie sur scène, à se réciter des passages du roi Lear de Shakespeare
La compagnie Banlieue's Art, fondée en 2000, a commencé par cette pièce dans une tout autre version, moins longue que celle jouée lors de ces Sottie's calaisiennes. Les douze membres de la troupe s'amusent à la reprendre parfois avec un regard neuf, « c'est un gros travail collectif, beaucoup de discussions pour ne pas refaire ce qu'on a déjà réalisé auparavant ». Banlieue's Art a pris le parti de ne jouer que des créations contemporaines, « car elles ont aussi leur place chez les amateurs » poursuit Gérard Chavy, président de la compagnie.
Les auteurs sont vivants, et c'est aussi ce qui prime dans leur démarche artistique, « on peut les rencontrer, c'est agréable, ou prendre des conseils de mise en scène par mail. Lilian Lloyd, par exemple, nous a vus sur scène, c'est intéressant à notre niveau de pouvoir échanger avec des hommes comme lui » souligne Romaric Letessier. La petite troupe d'amateurs s'est d'ailleurs engagée pour la suite dans un projet qui a eu une résonance toute particulière dans l'actualité de ces dernières années, l'histoire d'une jeune fille qui a déclaré s'être fait agresser dans le RER D à Paris. Un défi théâtral à l'image de ce qu'ils ont présenté jusque-là : grave, contemporain et particulièrement délicat, qu'ils s'engagent à mettre en scène avec justesse.